Guide de référence — mis à jour après la loi Òmnibus 2
Créer une société en Andorre en 2026 : étapes, délais et coûts réels
Constituer une SL andorrane prend en pratique deux à quatre mois et coûte environ 2 450 € de taxes publiques, auxquelles s'ajoutent les honoraires. Le vrai obstacle n'est ni le capital ni le notaire : c'est l'autorisation d'investissement étranger et l'ouverture du compte bancaire.
SL ou SA : la question se règle en trois minutes
Le droit andorran connaît plusieurs formes sociales, mais plus de neuf créations sur dix par des non-résidents passent par la societat limitada (SL), équivalent de la SARL. La societat anònima (SA) ne se justifie que si vous prévoyez un actionnariat ouvert, des titres librement cessibles ou une levée de fonds.
| Critère | SL (societat limitada) | SA (societat anònima) |
|---|---|---|
| Capital minimum | 3 000 € | 60 000 € |
| Cession des parts | Soumise à l'accord des associés | Libre |
| Usage typique | Conseil, e-commerce, services, holding patrimoniale | Projet à plusieurs investisseurs, capital ouvert |
| Coût de constitution | Identique en taxes, honoraires souvent plus bas | Statuts plus lourds, honoraires plus élevés |
Le capital doit être déposé sur un compte andorran avant la signature de l'acte notarié. Attention à un point où les sources se contredisent : certains prestataires évoquent une libération de 50 % seulement pour la SL. En pratique, les banques andorranes exigent le dépôt intégral avant de délivrer le certificat remis au notaire. Prévoyez les 3 000 € en totalité.
Les 7 étapes, dans l'ordre où elles se produisent vraiment
Le principal défaut des guides disponibles en ligne est de présenter la procédure comme une file d'attente linéaire. Elle ne l'est pas : le NIA et l'ouverture du compte bancaire doivent être lancés en parallèle de la réservation du nom, sinon vous perdez six semaines.
- NIA pour chaque associé et administrateur non-résident. Numéro d'identification administrative, préalable à tout le reste. À lancer en premier, et en même temps que l'étape 2.
- Réservation de la dénomination sociale. Jusqu'à trois noms par ordre de préférence. La réservation obtenue est valable 3 mois : c'est elle qui met le chronomètre en marche, ne la demandez pas trop tôt.
- Demande d'autorisation d'investissement étranger. Obligatoire dès qu'un non-résident détient des parts. C'est l'étape la plus longue : 3 à 6 semaines d'instruction selon l'activité, davantage si l'objet social est jugé sensible ou vague.
- Ouverture du compte bancaire et dépôt du capital. Quatre établissements : Creand, MoraBanc, Andbank, Banc Sabadell d'Andorra. Le KYC prend 2 à 4 semaines pour un non-résident et peut être refusé sans motif détaillé. À engager dès l'étape 1.
- Signature des statuts devant notaire. Rédigés en catalan ou accompagnés d'une traduction assermentée. La Principauté compte quatre notaires : les créneaux se réservent à l'avance.
- Inscription au Registre des sociétés mercantiles. Généralement prise en charge par le notaire.
- Immatriculations post-constitution. NRT (numéro fiscal), déclaration IGI, affiliation CASS, et — si vous exercez une activité commerciale ouverte au public — l'autorisation communale d'ouverture de commerce.
L'erreur de calendrier la plus fréquente : demander la réservation de nom en premier et attendre son obtention avant de contacter une banque. La réservation expire au bout de 3 mois, or le KYC bancaire et l'investissement étranger cumulés peuvent en consommer 2,5. Beaucoup de dossiers doivent renouveler la dénomination.
Combien de temps, étape par étape
Aucune administration ne publie de délai garanti. Les fourchettes ci-dessous correspondent aux durées couramment rapportées par les prestataires andorrans en 2026 pour un dossier simple et complet.
| Étape | Délai courant | Peut déraper si… |
|---|---|---|
| NIA | Quelques jours à 2 semaines | Documents non apostillés |
| Réservation de dénomination | Quelques jours | Nom trop proche d'une société existante |
| Autorisation d'investissement étranger | 3 à 6 semaines | Objet social imprécis, activité réglementée, actionnariat en cascade |
| Compte bancaire (KYC) | 2 à 4 semaines | Origine des fonds mal documentée, activité jugée à risque |
| Notaire + registre | 1 à 3 semaines | Traduction assermentée manquante |
| Total réaliste | 8 à 16 semaines |
Si un interlocuteur vous promet « une société en deux semaines », demandez-lui précisément laquelle des étapes 3 et 4 il compte supprimer. La réponse est instructive.
Les documents à réunir avant de commencer
La cause numéro un de retard n'est pas l'administration : c'est un dossier incomplet qui repart en aller-retour.
- Passeport en cours de validité de chaque associé et administrateur.
- Extrait de casier judiciaire du pays d'origine et de tout pays de résidence des cinq dernières années, apostillé ou légalisé.
- Justificatif de domicile actuel.
- Curriculum vitæ et description écrite de l'activité projetée : c'est la pièce la plus sous-estimée du dossier d'investissement étranger.
- Justification de l'origine des fonds pour la banque : liasses fiscales, actes de cession, relevés. Une réponse orale ne suffit jamais.
- Si une société étrangère figure au capital : statuts, extrait du registre du commerce et chaîne de détention jusqu'à la personne physique, le tout apostillé.
Le vrai sujet : la substance économique
Une société andorrane correctement constituée peut malgré tout être ignorée par l'administration fiscale de votre pays de départ si elle n'a pas d'existence réelle. Les administrations française, belge et espagnole regardent toutes la même chose : où les décisions sont prises, qui les prend, et depuis où.
Ce qui fait la différence dans un contrôle : un bureau ou un local effectivement utilisé, des moyens humains, un dirigeant présent en Andorre, des contrats signés sur place, une ligne téléphonique et une adresse qui ne sont pas partagées avec quarante autres sociétés. À l'inverse, une société dont le gérant vit à Toulouse et dont les clients sont tous français sera lue comme un établissement stable français, avec redressement à la clé.
Ce point est développé, pays par pays, dans les pages depuis la France, depuis la Belgique et depuis la Suisse, et sur le plan pratique dans notre page sur la domiciliation et le siège social.
Créer la société ne vous rend pas résident
C'est la confusion la plus coûteuse du sujet. La constitution d'une société et l'autorisation de résidence sont deux procédures séparées, instruites par deux administrations différentes, avec deux calendriers.
Vous pouvez parfaitement détenir une SL andorrane en restant résident fiscal français, belge ou suisse : c'est légal, et c'est aussi le scénario où les risques de requalification sont les plus élevés. À l'inverse, si vous voulez la résidence fiscale andorrane, il faut une autorisation de résidence, une présence effective et — depuis février 2026 — un versement définitif de 50 000 € à l'AFA. Les conditions détaillées sont dans notre page résidence et travail pour compte propre.
Ce qui commence une fois la société immatriculée
Le registre n'est pas la ligne d'arrivée. Les obligations récurrentes démarrent immédiatement :
- Comptabilité et comptes annuels tenus selon le plan comptable andorran. Budget courant à partir d'environ 165 €/mois pour une petite structure.
- IGI (l'équivalent local de la TVA, 4,5 %) : déclaration semestrielle sous 250 000 € de chiffre d'affaires, trimestrielle entre 250 000 € et 3,6 M€, mensuelle au-delà.
- Impôt sur les sociétés au taux général de 10 %, avec acomptes.
- CASS dès qu'il y a un salarié ou un administrateur rémunéré : 22 % du salaire, dont 15,5 % à la charge de l'employeur et 6,5 % du salarié.
Le détail chiffré de ces charges figure dans nos pages coûts réels et fiscalité.
Changement de cadre en 2026. La loi 2/2026 du 22 janvier, dite « Òmnibus 2 », publiée au BOPA le 12 février et en vigueur depuis le 13 février 2026, a durci les conditions de résidence : le versement de 50 000 € auprès de l'Autorité financière andorrane (AFA) n'est plus un dépôt restituable mais une contribution définitive, et le seuil d'investissement de la résidence passive est passé de 600 000 € à 1 000 000 €. Toute information antérieure à février 2026 sur ces deux points est périmée.
Faire vérifier votre séquence avant de déposer
L'erreur la plus fréquente est d'ordre : réserver la dénomination avant d'avoir engagé la banque. Décrivez votre activité et vos associés, nous vous indiquons dans quel ordre lancer les six premières démarches.
Décrire mon projetQuestions fréquentes
Quel est le capital minimum d'une société en Andorre ?
3 000 € pour une SL et 60 000 € pour une SA, montants publiés par le Gouvernement d'Andorre. Le capital doit être déposé sur un compte bancaire andorran avant la signature de l'acte notarié.
Combien de temps faut-il réellement ?
Entre 8 et 16 semaines pour un dossier simple et complet. Les deux étapes qui consomment le plus de temps sont l'autorisation d'investissement étranger (3 à 6 semaines) et le KYC bancaire (2 à 4 semaines). Elles peuvent être menées en parallèle.
Faut-il un associé andorran ?
Non. Un non-résident peut détenir 100 % d'une société andorrane, sous réserve d'obtenir l'autorisation d'investissement étranger. L'idée d'un partenaire local obligatoire est une croyance répandue mais fausse pour la généralité des activités.
Faut-il être résident en Andorre pour créer la société ?
Non. Détenir et diriger une société andorrane depuis l'étranger est légal. En revanche, l'imposition de cette société peut être remise en cause par votre pays de résidence si la direction effective y est localisée.
Combien coûte la constitution, taxes comprises ?
Environ 2 450 € de taxes publiques et frais notariés, auxquels s'ajoutent les honoraires du prestataire, généralement entre 1 500 € et 3 000 €. Le budget total observé pour une SL simple est de 4 000 à 6 000 €, capital social non compris.
Peut-on créer la société sans se déplacer en Andorre ?
Certaines étapes acceptent la procuration, mais l'ouverture du compte bancaire exige en pratique un entretien en présence, et les quatre banques andorranes appliquent ce principe de manière stricte pour les non-résidents.